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Préparation montagne pour les contreparties octopousse

Samedi 11 juillet 2014

 

Cet été pas d’expédition ou d’autres voyages prévus dans l’équipe du Svalbard mais un projet montagne tient une place centrale en ce mois de juillet à la météo digne d’un mauvais automne. En effet, dans le cadre du crowfounding réalisé l’année dernière nous ayant permis de financer une partie de notre expédition au Svalbard en 2013, un de nos généreux donateur, le papa d’Anthony Daultier, avait pris l’option course en haute-montagne, et son choix s’est arrêté sur la traversée des arêtes de la Meije.


Cette course d’arête, l’une des plus belles des Alpes, implique une escalade de près de 900m du refuge du promontoire (3042m) jusqu’au sommet du Grand Pic de la Meije (3983m), avant d’attaquer la longue traversée en neige, glace et rocher afin d’atteindre le sommet du Doigt de Dieu et enfin attaquer la longue descente jusqu’au refuge de l’Aigle puis Villard d’Arène. La principale difficulté de cette course en montagne réside dans sa longueur et le fait qu’une fois engagé sur les arêtes il n’est plus possible de faire demi-tour. De plus, ce beau voyage implique de passer plusieurs heures à près de 4000m d’altitude et gare aux coups de fatigues et à la migraine si l’on n’est pas bien acclimaté. Conscients de tous ces paramètres et afin d’offrir au papa d’Antho la course de ses rêves dans les meilleurs conditions possibles, une partie de l’équipe de grimpeur du Svalbard (Stephen, Del et Antho) s’est mis à l’entrainement début juillet. Aux footings entre midi et deux au boulot se sont ajoutés plusieurs sorties montagne les weekends, dans des conditions assez rudes entre froid, vent, pluie et trop peu de soleil.


La dernière étape de cette préparation s’est déroulée pendant le long weekend du 14 juillet et visait à passer du temps en altitude afin de s’acclimater. Toutes les météos annonçant un temps catastrophique, le plan initial d’un long enchainement aux alentours du Refuge du Promontoire tombait à l’eau. Changement de plan donc et c’est sur la base d’une météo plus qu’incertaine que nos grimpeurs se dirigent le samedi après-midi sous des trombes d’eau vers le Mont Viso en Italie à plus de 4 heures de route pour tenter d’aller dénicher le soleil. Arrivés au parking de Pontechianale en fin d’après-midi, début de la marche d’approche vers la face sud du Mont Viso, la pluie cesse comme par miracle et permet à Stephen, Del et Antho de ne pas arriver trempés au refuge-bivouac de Forciolline (2850 m) sur les coups de 22h30 après plus de 3h de monté dans de raides éboulis.

Le refuge-bivouac, relativement grand (19 places officiellement) est tout confort avec électricité, matelas et couvertures et l’eau à portée. Le temps de s’installer et de manger il est très vite minuit lorsque tout le monde se glisse dans les duvets.

Le réveil est fixé à 6h du matin pour un décollage à 7h, direction la voie normale (donnée pour une cotation « Facile ») qui ne devrait être qu’une « formalité » de repérage pour tenter un autre itinéraire plus dur le lundi. Le lendemain matin le ciel est bleu et c’est confiant que tout le monde attaque la marche d’approche jusqu’à l’abri bivouac Andreotti (3225m) qui marque le début de l’escalade. Mais à peine arrivé dans le vallon, la petite ballade verticale conjecturée la veille se présente plutôt comme une bonne course de mixte à l’ancienne. En effet, il y a de la neige partout, le rocher est verglacé et les aimables couloirs de pierre de la deuxième partie ont disparus, remplacés par des pentes de neige raides qui chauffent déjà au soleil. Ça annonce donc du crampons-piolet tout du long. Malgré cela nos grimpeurs entament l’escalade et croisent plusieurs cordées ayant renoncées pour cause de conditions trop difficile ou de neige mauvaise dans le haut.

Antho, Del et Steph décident de continuer malgré tout jusqu’aux pentes de neige permettant une grande traversée vers 3500m.

Puis après un rapide conciliabule, décision est prise de rebrousser chemin, il est trop tard dans la matinée (10h), la neige est pourrie, le risque de coulées d’avalanche est trop grand, et le brouillard prend ses quartier sur la montagne.

La justesse de cette décision fut confirmée quelques minutes plus tard quand deux petites coulées sont venues balayer plusieurs couloirs. La descente derrière se déroula sans histoires et tout le monde retrouve le refuge Forciolline.


Il est midi, le temps est gris et il pleut… génial. S’ensuit une après-midi à faire passer le temps, faire à manger, un thé, réparer les anti-bottes des crampons avec du fil de fer pour Del, rester assis sur sa couchette à fixer le vide pour Antho, ou encore à bouquiner et dormir pour Stephen. Heureusement l’après-midi est un peu animée par la montée de randonneurs et grimpeurs (dont un polonais ayant oublié ses crampons) souhaitant passer la nuit au refuge.

Ça discute en anglais, quelques mots de polonais, l’après-midi passe donc lentement et c’est au prix d’une grosse motivation, fruit d’un lobbying de la part d’un des protagonistes, que nos grimpeurs décident de rester passer une nuit de plus et voir comment le temps évoluera demain pour refaire une tentative. Tout le monde à 20h30 est couché dans l’idée de se lever à 3h15 et ainsi décoller à 4h afin de passer avant que les pentes de neiges ne chauffent trop. Mais forcément, après une après-midi à ne rien faire, impossible de fermer l’œil avant minuit, heure de couché minimale à laquelle sont habituées les organismes.
3h15 ça bipe. Résultat d’une longue tradition, c’est Del qui réveille tout le monde et lance le réchaud pour un café. Tout le monde s’est levé et semble bien réveillé mais là, thé en main et grand sourire sur le visage, Antho annonce qu’il a la flemme et qu’après le petit déjeuner il retourne dans son duvet. Steph et Del ne se laissent pas décourager malgré la tentation très forte de se recoucher, surtout que dehors le ciel est tout voilé. On est bien loin du beau temps annoncé pour la matinée. A 4 heures les « rescapés de la grâce mat » attaquent la même marche d’approche que la veille, passant à côté des mêmes rochers et sachant à quel point ils sont encore loin de leur dernier point atteint la veille. Mais la montagne étant généreuse et voulant éviter que nos deux grimpeurs ne s’ennuient sur la marche d’approche, cette dernière décide de ponctuer la marche par une répétition du feu d’artifice du 14 juillet dans la vallée d’à côté. En effet, à l’Est, sous les couches de nuages, les flashs s’enchaînent signe d’un gros orage. Une vision fugace d’Antho dans son duvet incite les grimpeurs à la plus grande prudence vis-à-vis des éléments ; mais malgré tout décision est prise d’aller jusqu’au second bivouac et d’aviser à ce moment-là. Enfin arrivés au bivouac Andreotti, Del et Steph rentrent dans une phase d’observation afin d’évaluer (en vérité on est plus proche du Tarot divinatoire ou de la boule de cristal que de l’analyse scientifique) l’évolution de l’orage. Avec le levé du jour, celui-ci semble s’éloigner, les éclairs étant de plus en plus faibles et espacés. La corde est sortie et les grimpeurs attaquent l’escalade sur les coups de 5h30.
Durant la nuit le regel a été bon malgré la couverture nuageuse, le rocher est complètement verglacé mais le passage de la veille a rendu les grimpeurs plus à l’aise avec les crampons aux pieds. En 45 minutes la traversée atteinte la veille est passée sur une neige dure et rassurante. La suite se compose de couloir de rochers, de pentes de neiges raides, le brouillard est présent mais la visibilité est bonne.

La cordée avance vite. Mais arrivé au dernier quart de l’escalade, gros doute sur l’itinéraire à suivre bien marqué par des traces dans la neiges et de grands traits de peinture jaune tous les 3m pour le moment. En effet, à cet endroit aucun signes évidents au-dessus, mais loin à droite une grande marque jaune semble montrer la suite de l’escalade. S’ensuit une traversée de 50m sur des pentes de neiges raides jusqu’à un petit col puis repérage en continuant la traversée, les grimpeurs se rendent à l’évidence ça ne peut pas être là. Donc retraversée dans l’autre direction et enfin retour sur la voie normale du Viso qui était seulement quelques mètres à gauche, bilan 1h de perdue bêtement.


En fait, cette traversée correspondait à l’échappatoire de l’arête Est en direction de la voie normale. Une fois le bon chemin retrouvé, les grimpeurs enchainent les cheminée verglacés, vires et couloirs de neiges jusqu’à atteindre un dernier couloir raide (60°) qui leur permet d’atteindre le sommet matérialisé par une croix massive et des sculptures. Il est 8h55, le brouillard s’est dissipé dans la dernière demi-heure et le soleil fait enfin son apparition.

Malheureusement pas possible de s’attarder au sommet, car il faut repasser les pentes de neige avant que ces dernières ne deviennent avalancheuses. 9h10 la descente est attaquée en mode prudence afin d’éviter toute glissade. Les passages croisés à la montée s’enchaînent, certaines sections raides sont négociées avec de courts rappels, à 11h retour au bivouac Andreotti la corde est rangée, le brouillard se referme sur le Viso, c’est passé.

S’ensuit une descente vers le bivouac Forciolline afin de récupérer les affaires et redescendre à la voiture. Antho est déjà parti et n’a pas passé la journée à chaumer. En effet, après une bonne nuit réparatrice et un petit déjeuner au calme dans un refuge pour lui tout seul, il s’attaque à une traversée vers un autre refuge et s’amuse à se faire deux sommets à 3000m sur le chemin avant de retourner à la voiture. L’animal, toujours pas rassasié, après avoir posé ses affaires, monte en courant à la rencontre de Steph et Del. Puis c’est le retour à trois à la voiture, rangement des affaires, comptage des ampoules et autres petits bobos, commande de deux nouveaux genoux pour Del puis le retour vers Grenoble.

Tout le monde est acclimaté, la caisse est là, il ne reste plus qu’à prier pour que la météo soit avec nous pour la Meije…

 

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Steph & Del


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